Interview
Article | 16 décembre 2025
Victor est Directeur de participations au sein de l’équipe d’investissement direct SWEN Terra, dédiée à l’agriculture régénératrice. Après des études commerciales, il débute sa carrière à l’international en 2011 chez Ecom Agroindustrial Corp. Ltd, groupe de négoce et de transformation de matières premières agricoles et se spécialise dans les filières tropicales café et cacao. En 2022, il prend part au développement international de Pomona Farming, partenaire de la branche « Ressources Naturelles » du fonds de pension canadien PSP, avant de rejoindre SWEN CP en 2025 au moment du lancement de la stratégie SWEN Terra.
J’ai rapidement su que je voulais travailler dans les chaînes de valeur agricoles. Pour les structurer, les rendre plus durables, plus traçables et plus résilientes. J’ai démarré mon parcours dans la filière du café, au cœur des zones de production, d’abord en Afrique de l’Est et puis pendant 6 ans au Nicaragua.
J’ai pu observer les bouleversements climatiques auxquels les producteurs faisaient face au quotidien, et me suis rapidement rendu compte que le secteur agricole devait relever le défi complexe d’être une partie du problème et une grande partie de la solution. Par la suite, dans d’autres filières (cacao, amandes, épices..), j’ai toujours cherché à contribuer aux nécessaires transitions agroécologiques.
Une rencontre avec un entrepreneur agricole français installé au Nicaragua, de 40 ans mon ainé, qui me racontait son parcours : d’abord à parcourir le monde pour une société d’extraction pétrolière pour planter du ricin (une huile végétale non alimentaire) et qui, une fois passé les 40 ans, a eu une prise de conscience et s’est dit « On s’est trompé. Ce qu’il fallait, c’était planter des arbres et restaurer les écosystèmes dont on dépend ». Sa ferme de café et ses projets d’agroforesterie (10 000 ha au total) ont été une vraie source d’inspiration pour moi.
Mon rôle au sein de l’équipe d’investissement SWEN Terra chez, c’est d’identifier, d’analyser des projets agricoles qui appliquent les principes de l’agriculture régénératrice. Puis d’investir aux côtés de développeurs de ces projets, et ce, afin de participer, dans le périmètre de notre sphère d’influence, à repenser une agriculture viable et durable et surtout se donner les moyens d’anticiper et de transformer les modèles agricoles.
A titre personnel, je suis tracassé parfois par ce qu’on laisse aux générations à venir et sensible au concept de la dette climatique. Jeune père, je ne laisse pas ce tracas être inhibiteur d’action. J’essaye donc de transmettre un lien avec le vivant et cela passe aussi par une bonne alimentation. On a notamment la chance de pouvoir allouer une part plus conséquente de notre budget à bien manger (produits avec le moins d’ingrédients possible dans la composition ; de saison évidemment ; du local quand ça fait du sens ; bio parfois ; en essayant de ne pas être dogmatique et cohérent dans l’approche alimentaire).
Entre expériences de terrain, convictions forgées au contact du vivant et responsabilité tournée vers les générations futures, le parcours de Victor témoigne d’une même boussole : accompagner la transformation des modèles agricoles pour qu’ils régénèrent les sols, les écosystèmes et, au-delà, notre rapport à l’alimentation et au monde vivant.
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