Résilience des territoires | 22 septembre 2026

Bruno David : l'urgence de la biodiversité appelle les entreprises à agir

Ancien président du Muséum national d'histoire naturelle et biologiste marin, Bruno David livre un constat sans détour : face à l'urgence de la biodiversité, les alertes scientifiques ne suffisent plus. Il explique pourquoi les entreprises, et en particulier les investisseurs responsables, disposent d'une capacité d'action unique, et comment cette conviction l'a conduit à rejoindre le comité de mission de SWEN Capital Partners.

 

Un territoire où l’on peut coexister avec le reste du vivant : c’est ainsi que Bruno David, ancien président du Muséum national d’histoire naturelle et ex-chercheur au CNRS en biologie marine, résume l’utopie vers laquelle nous devrions tendre.

 

Apprivoiser un monde qu’on ne voit pas

Pour lui, notre rapport à l’océan commence par une prise de conscience simple : contrairement à l’idée reçue, l’eau n’est pas transparente. Passé une certaine profondeur, la lumière du soleil ne pénètre plus, et l’océan, dont la profondeur moyenne atteint 3 700 mètres, nous demeure largement invisible. Face à cette limite qu’on ne peut lever, la seule voie est celle de la curiosité : se documenter, apprendre à connaître les organismes qui peuplent ces profondeurs, pour apprivoiser un monde étrange à nos yeux, mais parfaitement familier à ceux qui y vivent.

 

Des écosystèmes à préserver, pas des espèces isolées

Prendre la biodiversité au sérieux, insiste-t-il, ne consiste pas à sauver une espèce isolée, mais à préserver le fonctionnement des écosystèmes dans leur ensemble. Une « espèce parapluie » peut certes servir de levier pour protéger tout un écosystème, mais c’est bien cette vision globale qui doit guider l’action. Bruno David rappelle que les solutions existent déjà, y compris fondées sur la nature elle-même, et que certains territoires ou villes, comme Singapour, ont su renouer avec la biodiversité. La difficulté n’est donc pas la connaissance, mais la mise en œuvre.

 

Convaincre ceux qui ont les moyens d’agir

Pour Bruno David, les scientifiques peuvent alerter et poser des diagnostics, mais cela ne suffit pas : il faut convaincre les décideurs politiques et, surtout, les entreprises, qui ont les moyens d’agir, et souvent bien plus vite qu’une collectivité territoriale. Parmi elles, les investisseurs responsables occupent une place particulière : ils continuent leur métier tout en s’imposant des règles et des contraintes volontaires. C’est cette conviction, et cette démarche qu’il juge remarquable, qui l’a conduit à rejoindre le comité de mission de SWEN Capital Partners.

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